Précarité du travail et de l'emploi : la solidarité organique à l'épreuve
Mercredi, 26 Septembre, 2007
Les évolutions structurelles du marché du travail sont profondes. Elles concernent le rapport au travail et le rapport à l’emploi et obligent à repenser à la fois la question des inégalités entre les salariés à partir des différentes formes de leur intégration professionnelle et le concept de solidarité organique de Durkheim fondé sur la complémentarité des individus.
En distinguant le rapport au travail et le rapport à l’emploi, on peut étudier deux dimensions fondamentales de la précarité professionnelle, la première renvoyant à la logique productive de la société industrielle, la seconde à la logique protectrice de l’Etat-providence. Le salarié est précaire lorsque son travail lui semble sans intérêt, mal rétribué et faiblement reconnu dans l’entreprise. Puisque sa contribution à l’activité productive n’est pas valorisée, il éprouve le sentiment d’être plus ou moins inutile. On peut parler alors d’une précarité du travail. Mais le salarié est également précaire lorsque son emploi est incertain et qu’il ne peut prévoir son avenir professionnel. C’est le cas des salariés dont le contrat de travail est de courte durée, mais aussi de ceux dont le risque d’être licenciés est permanent. Cette situation se caractérise à la fois par une forte vulnérabilité économique et par une restriction, au moins potentielle, des droits sociaux puisque ces derniers sont fondés, en grande partie, sur la stabilité de l’emploi. Le salarié occupe, de ce fait, une position inférieure dans la hiérarchie des statuts sociaux définis par l’Etat-providence. On peut parler, dans ce cas, d’une précarité de l’emploi.
Ces deux dimensions de la précarité sont illustrées dans le dossier documentaire.
