En 2006 un premier rapport controversé décrivait un système à la dérive.
Nicolas Sarkozy, dès sa campagne électorale, déclare qu’il souhaite « réviser en profondeur la formation professionnelle qui bénéficie aux plus qualifiés » et « se révèle notoirement insuffisante pour ceux qui en ont le plus besoin ».
Après son élection il évoque un système « à bout de souffle, dans son organisation et son financement ».
En juillet 2007, après six mois d’exploration du monde de la formation professionnelle, la Mission sénatoriale présidée par Jean-Claude Carle (UMP, Haute-Savoie) dresse à son tour un tableau pessimiste. Ce rapport est le coup d’envoi de la réforme.
En 2008 de nombreux rapports ont « radiographié » le système de formation (cour des comptes, IGAS, COE, CAS, CES, groupes de travail…)
En mars 2008, le groupe multipartite sur la formation professionnelle présidé par Pierre Ferracci est mis en place. Il restitue ses travaux le 10 juillet.
http://www.minefe.gouv.fr/presse/dossiers_de_presse/080710formation_prof/synthese_travaux.pdf
Le secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, Laurent Wauquiez, a présenté un projet de loi relatif à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie au cours du conseil des ministres du 29 avril 2009.
Enfin la loi a été votée le 14 octobre, promulguée le 24 novembre et publiée au Journal officiel du 25 novembre.
http://crefor.crefor.asso.fr/crefor/download/pointdact/Documents/ani_forpro20090107.pdf
La saisine du 20 octobre 2009 présentée par des sénateurs socialistes a été rejetée par le Conseil constitutionnel dans sa décision 592 du 19 novembre ouvrant la voie à la promulgation de la loi. C’est chose faite le 24 novembre 2009.
La loi n° 2009-1437 du 24 novembre 2009 relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000021312490&dateTexte=&categorieLien=id
Dans un nouveau dossier Eclairage #18, nous vous présentons les caractéristiques essentielles de la loi relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie publiée au Journal officiel du 25 novembre 2009.
Genèse de la réforme
La réforme 2008 de la formation professionnelle : "chantier en cours" (sept. 2008)
Les ministres chargés de l’Emploi, Christine Lagarde et Laurent Wauquiez, ont présenté au Conseil des ministres du 23 juillet 2008 les "quatre priorités" de la réforme de la formation "sur lesquelles la négociation interprofessionnelle pourra s'engager".
Le 25 juillet les partenaires sociaux ont reçu le document d’orientation qui sonne la fin de la phase préparatoire de la réforme 2008 de la formation et doit guider leur prochaine négociation interprofessionnelle sur la formation professionnelle continue en vue d’un projet de loi déposé avant la fin 2008.
Un numéro de la collection Eclairage propose une "visite de chantier" de la réforme 2008 de la formation.
Après un bref historique sur les étapes qui ont précédé cette ultime phase de gestation de la réforme, nous proposons les conclusions du « groupe de travail multipartite » qui a étudié les voies et moyens des réformes à conduire en identifiant 8 axes de progrès.
Nous présentons ensuite le document d’orientation du gouvernement, qui sur la base de ces travaux définit les thèmes de la prochaine négociation des partenaires sociaux.
Nous abordons également quelques éléments de contexte qui pourront conditionner la réforme en marche ainsi que des brèves sur l'actualité de la réforme au cours de l'été 2008.
Enfin vous est présentée l’importante « littérature » constituée d’études et de rapports qui a alimenté la réflexion des groupes de travail et autres missions d’information depuis 2006.
Pour télécharger ce numéro d'"Eclairage", cliquez sur ce lien
Chronique d'une réforme annoncée
A l’occasion des vœux aux « forces vives », le 4 janvier 2007, le président de la République, Jacques Chirac annonce qu’il veut « bâtir, en fusionnant l’ANPE et l’Unédic, un nouvel instrument de combat pour l’emploi » afin d’aboutir à une « sécurité sociale professionnelle » qui devra notamment « porter les droits individuels à la formation des salariés, majorés pour ceux qui ont un faible bagage initial ou qui ont besoin de se convertir ».
http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais_archives/interventions/discours_et_declarations/2007/janvier/allocution_lors_de_la_presentation_des_voeux_des_forces_vives.69596.html
En écho, le premier ministre, Dominique de Villepin, déclare, le 8 janvier, que « nous devons aussi réfléchir tous ensemble, avec les syndicats, avec les entreprises, avec les économistes, à la mise en place d’une vraie flexi-sécurité à la française ».
http://www.formation-continue.fr/premier-ministre-recommande-annee-formation.html
A l’approche de l’élection présidentielle, tous les candidats sont favorables à un droit individuel à la formation transférable d’une entreprise à une autre. Tous souhaitent que les jeunes bénéficient d’une entrée digne sur le marché du travail. Tous demandent que les allocataires de minima sociaux travaillent ou se forment en contrepartie. Seul le financement de ces droits fait la différence.
Bouclier contre le chômage, facteur décisif d’adaptation des entreprises au contexte économique, la formation occupe ainsi une place importante dans la campagne présidentielle.
« La formation dans les élections présidentielles : vers de nouvelles réformes », Le dossier d’Inffo Flash n° 700 du 16 au 30 avril 2007, pp. 17-24
Nicolas Sarkozy, dès sa campagne électorale, déclare qu’il souhaite « réviser en profondeur la formation professionnelle qui bénéficie aux plus qualifiés » et « se révèle notoirement insuffisante pour ceux qui en ont le plus besoin ». Il propose de « lever les tabous de la formation » qui affiche « trop de dépenses, trop de gaspillages, trop d’opacité ». Après son élection il évoque un système « à bout de souffle, dans son organisation et son financement ».
http://www.u-m-p.org/propositions/index.php?id=05_formation
Dans son discours de politique générale prononcé à l'Assemblée nationale, le 3 juillet 2007, le Premier ministre déclare : "La restructuration de notre système de formation professionnelle est absolument nécessaire. 24 milliards d'euros sont consacrés à la formation ; 60 % des salariés n'y accèdent jamais."
http://www.assemblee-nationale.fr/13/cra/2006-2007-extra/001.asp
En juillet 2007, après six mois d’exploration du monde de la formation professionnelle, la Mission sénatoriale présidée par Jean-Claude Carle (UMP, Haute-Savoie) et son rapporteur Bernard Seillier (RDSE, Aveyron) dressent un tableau pessimiste. Ils relèvent que les priorités s’enlisent « dans la complexité, se contredisent dans les corporatismes et s’immobilisent dans les cloisonnements » (les 3 C). A ces maux, la Mission propose des remèdes formulés autour de trois mots repères : la personne, les partenariats, la proximité (les 3 P).
Source : Rapport d’information. – Bernard SEILLIER, 4 juillet 2007. – 344 p. - Rapport n° 365 - http://www.senat.fr/rap/r06-365-1/r06-365-11.pdf
Au printemps 2008 ( 19 mars), le président de la République affirme que la loi sur la formation professionnelle sera votée avant 2009. « (…)[il faut] centrer la formation professionnelle sur ceux qui en ont le plus besoin. A l'issue de la conférence quadripartite (Etat, régions, syndicats et patronat) qui se tiendra en mai, les partenaires sociaux engageront une négociation débouchant sur un projet de loi qui sera voté avant la fin de l'année (…) »
http://www.elysee.fr/download/?mode=press&filename=19.03_Discours_Conseil_des_Ministres.pdf
"On ne peut pas faire l’économie de la réforme de la formation professionnelle et on ne peut pas attendre", déclare Nicolas Sarkozy à l’occasion d’un déplacement en Seine-et-Marne consacré à l’emploi, le 16 mai 2008. Le président de la République réitère, en effet, ses précédentes déclarations : le système actuel est "à bout de souffle, dans son organisation comme dans son financement". Devant ses ministres en charge de l’Emploi, Christine Lagarde et Laurent Wauquiez, il assigne alors "trois objectifs" à la réforme de la formation professionnelle qui doit s’ouvrir dans les semaines suivantes. http://www.elysee.fr/download/?mode=press&filename=Discours_PR_16.05_Melun.pdf
Enfin au cours du conseil des ministres du 23 juillet 2008, la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi et le secrétaire d’État chargé de l’emploi ont présenté une communication relative à la réforme de la formation professionnelle.
L’objectif du Gouvernement est d’élaborer un projet de loi avant la fin de l’année 2008, après avoir laissé le temps nécessaire à la négociation et à la concertation.
Consulter le compte-rendu du Conseil des ministres : http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/gouvernement/conseils_ministres_35/conseil_ministres_23_juillet_1364/reforme_formation_professionnelle_60697.html
Le Groupe multipartite sur la formation professionnelle
L'installation du groupe multipartite
Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des finances et de l’emploi a lancé le 5 février 2008 le processus de réforme de la formation professionnelle, conformément à l’agenda social pour 2008 fixé lors de la conférence tripartite du 19 décembre 2007 présidée par le Président de la République.
Pierre Ferracci, président du Groupe Alpha et membre du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), a été chargé par Christine Lagarde, de la présidence d'un « groupe de travail quadripartite restreint », émanation du COE, « associant des représentants des Conseils régionaux, les organisations syndicales et professionnelles représentatives au niveau national et interprofessionnel et les administrations de l'État concernées ».
Á partir du mois de mars, ce groupe de travail a pour objectif de formuler des préconisations opérationnelles sur les voies et moyens des réformes à conduire (calendrier, articulation entre négociation et réforme législative, prise en compte de la dimension territoriale et du rôle des Régions).
http://bccasx.com/asx.pl/000000A/http/www.minefe.gouv.fr/discours-presse/discours-communiques_finances.php=3ftype=3dcommunique&id=3d1173&rub=3d1
L'installation du groupe quadripartite - rebaptisé « groupe multipartite » - s'est effectuée le 20 mars 2008. Le groupe de travail « multipartite » est composé de 21 personnes dont son président, Pierre Ferracci, président du Groupe Alpha : 5 représentants des régions (5 titulaires et 5 suppléants), 10 représentants pour les partenaires sociaux représentatifs au plan national (5 titulaires et 5 suppléants pour les syndicats de salariés ; 5 titulaires et 5 suppléants pour les organisations patronales), 5 représentants de l'État (5 titulaires et 5 suppléants).
Ce groupe de travail est en soi une expérience originale puisque rassemblant l’ensemble des acteurs qui interviennent légitimement dans le système français de formation professionnelle (Etat, Régions et partenaires sociaux).
Il s’est réuni de mars à juin 2008 sur un rythme hebdomadaire et il a favorisé progressivement l’émergence d’un point de vue collectif sur les principes qui doivent guider une réforme de la formation professionnelle, les attentes de décisions qui lui sont nécessaires et les enjeux de négociation assortis.
Ce faisant, il a veillé à ne pas se transformer en un espace de négociation, car ce n’était pas sa vocation. En revanche, il a cherché principalement à réaffirmer les objectifs de la formation professionnelle, à examiner les conditions d’une bonne gouvernance du système, à tirer profit des résultats des derniers travaux disponibles, à établir des objectifs opérationnels et les critères d’évaluation correspondants.
Le groupe a pu s’appuyer en particulier sur l’avis du COE du 8 avril 2008 qui, après un état des lieux du système actuel, émettait plusieurs propositions organisées selon cinq axes concernant les jeunes, les salariés, les demandeurs d’emploi, la coordination des acteurs, l’offre de formation et son évaluation.
Consulter l’avis du COE : http://www.coe.gouv.fr/download.php?file_url=IMG/pdf/Etat_des_lieux_et_avis_Formation_professionnelle.pdf
Les lignes directrices des travaux du groupe multipartite
Le fonctionnement du groupe a progressivement fait apparaître les lignes directrices suivantes :
-
la formation professionnelle est un instrument de la conciliation entre la compétitivité des entreprises, la sécurisation des parcours individuels et le maintien d’un objectif de promotion sociale, conforme aux intentions initiales de la loi de 1971.
La restitution des travaux du groupe multipartite
Parvenu au terme de ses travaux, et vu les dispositions des lois du 4 mai 2004 (formation professionnelle et dialogue social) et du 31 janvier 2007 (modernisation du dialogue social), le groupe préconise qu’il y soit donné suite selon les procédures et le calendrier suivants :
-
Un document final reprenant les constats et les orientations ayant fait l’objet d’un débat et, le cas échéant, d’un consensus en son sein, est remis au Ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi et au Secrétaire d’état chargé de l’emploi.
Ce document identifie huit axes principaux de réforme :
1. la clarification des compétences et une meilleure coordination entre acteurs, en particulier au niveau régional, afin d’éviter le cloisonnement des actions entre eux et les pertes d’efficacité pour le système ;
2. les conditions de réalisation d’un « droit à la formation différée » car de nombreuses personnes quittent le système scolaire sans qualification ; il importe qu’elles puissent acquérir les savoirs de base au cours de leur vie professionnelle ;
3. la sécurisation des parcours professionnels en plaçant l’individu et ses évolutions professionnelles au cœur du système de formation professionnelle ;
4. un vecteur de la sécurisation : l’évolution du CIF et du DIF pour servir les intérêts des individus et améliorer leurs possibilités d’évolution professionnelle ;
5. les modalités du financement de la formation professionnelle car le système actuel, basé sur une obligation légale, s’il a eu son utilité a atteint désormais ses limites et doit céder la place à des dispositions plus souples ;
6. l’évolution du métier des OPCA et de leur gouvernance car leur fonction historique de collecte doit évoluer vers des fonctions de prestation de service aux entreprises et aux individus ;
7. l’accroissement des capacités d’anticipation, de transparence et d’évaluation du système qui sont aujourd’hui insuffisantes ;
8. l’amélioration de la qualité de l’offre de formation qui doit mieux s’adapter à la demande des différents prescripteurs et usagers.
-
Suite à la réunion de restitution des travaux du groupe et conformément aux dispositions de la loi de modernisation du dialogue social, le Gouvernement communique aux organisations syndicales de salariés et d'employeurs représentatives au niveau national et interprofessionnel un document d’orientation présentant les principales options qu’il propose à la négociation et le cadre général qu’il entend proposer à l’ensemble des acteurs y compris les régions.
-
Les mêmes organisations font connaître au Gouvernement leur intention d’engager une telle négociation ainsi que le délai qu'elles estiment nécessaire pour la conduire.
-
Elles indiquent également comment elles envisagent l’articulation la plus efficace avec les autres négociations interprofessionnelles en cours ou prévues. Cette articulation peut s’établir notamment avec les négociations sur l’assurance chômage et la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences déjà programmées, et celles relatives au financement du paritarisme.
-
Une concertation s’engage dans le même temps entre le Gouvernement et l’Association des Régions de France afin d’envisager les implications d’une réforme de la formation professionnelle sur les compétences respectives de l’ensemble des acteurs, et sur les modalités de leur coordination. Elle porte en particulier sur les changements envisagés au titre des axes 1, 2, 5, 7 et 8 ci-dessus.
-
A l’issue de cette négociation et au terme de cette concertation, le Gouvernement élabore un projet de loi avec, comme objectif fixé par le Président de la République, un dépôt avant la fin de l’année.
Le Document d'orientation : Réforme de la formation professionnelle
A l'issue de la Conférence de clôture du groupe multipartite sur la formation professionnelle, présidé par Pierre Ferracci, qui s'est tenue à Bercy, le 10 juillet 2008, Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, a déclaré que cette réforme doit permettre de « répondre à l'objectif d'augmenter la croissance et d'améliorer l'employabilité [des personnes], le tout dans le cadre de l'agenda de Lisbonne ».
Cette « réunion de rendu des travaux » est le prélude à trois nouveaux « courants de travaux » :
-
La négociation des partenaires sociaux pour « ce qui relève de leurs compétences », constituera le premier volet de ce chantier;
-
En outre, « trois groupes de travail spécifiques » vont être constitués : l'un portera sur « l'amélioration de l'orientation ». Un autre groupe de travail portera sur « l'amélioration de la qualité des formations, et en particulier sur l'achat de formation et la mise en concurrence des organismes de formation ». Le troisième groupe aura pour objectif d'améliorer le fonctionnement de la Validation des acquis de l'expérience.
-
Le troisième « courant de travaux » évoqué par la ministre portera sur « la concertation entre l'État, l'ARF (Association des régions de France) et les partenaires sociaux », c'est-à-dire « l'ensemble des financeurs de la formation professionnelle ».
http://www.minefe.gouv.fr/discours-presse/discours-communiques_finances.php?type=communique&id=1746&rub=1
Sur la base des travaux réalisés par les membres du groupe multipartite sur la formation professionnelle, C. Lagarde et L. Wauquiez ont rappelé la nécessité d'une réforme ambitieuse de la formation professionnelle au cours du conseil des ministres du 23 juillet 2008.
Consulter le compte-rendu du Conseil des ministres :
Le Gouvernement a préparé à l’intention des partenaires sociaux, conformément à la loi relative au dialogue social, un document d’orientation détaillant les quatre axes de la réforme sur lesquels la négociation interprofessionnelle pourra s’engager.
Première priorité :
Améliorer le lien entre formation et emploi.
Deuxième priorité :
Construire un système plus juste permettant de réduire les inégalités d'accès à la formation au profit des salariés des petites et moyennes entreprises, des salariés peu qualifiés et des jeunes sortis sans qualification du système scolaire.
Troisième priorité :
Rendre le système de la formation professionnelle plus efficace par une amélioration de la qualité des formations et une meilleure coordination des acteurs.
Quatrième priorité :
Rendre l'individu acteur de son parcours professionnel.
Les partenaires sociaux ont reçu le 25 juillet ce document d’orientation qui doit guider leur prochaine négociation sur la réforme de la formation pour un projet de loi déposé avant la fin de l’année 2008.
Le document d’orientation a pour objet, à partir des conclusions présentées par Pierre Ferracci, d’expliciter les principales priorités de la réforme à conduire et les points sur lesquels les partenaires sociaux sont appelés à négocier.
Il prévoit la mise en place, parallèlement à la négociation, de trois groupes de travail multipartites sur les sujets de responsabilité partagée que sont l’orientation tout au long de la vie, la validation des acquis de l’expérience et la qualité de l’offre et de l’achat de formation.
Dans le même temps, le Gouvernement mènera une concertation avec l’Association des Régions de France sur les conditions permettant notamment une meilleure coordination des politiques publiques de formation professionnelle au niveau national et régional.
Pour en connaître les détails, télécharger le document d’orientation du 24 juillet 2008 : "Réforme de la formation professionnelle"
Un contexte de changement
Un contexte de changement dans l’environnement de la formation peut amener à conditionner la réforme en marche.
La restructuration du service publique de l’emploi avec la fusion en cours entre l’ANPE et l’Unedic qui aura des conséquences sur la formation des demandeurs d’emploi.
Consulter la Loi n° 2008-126 du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi :
La révision générale des politiques publiques (RGPP) aura un impact sur les services centraux et décentralisés liés à la formation professionnelle. En particulier les DRTEFP qui intégreront les nouvelles Directions régionales du travail, de l’emploi et de l’entreprise (DRTEE).
Consulter le site de la révision générale des politiques publiques
L’accord sur la modernisation du marché du travail conclu le 11 janvier 2008, dont le texte renvoie à des dispositions ultérieures. La loi qui retranscrit une partie de l’accord a été présentée comme « une étape essentielle dans l’instauration d’une "flexisécurité" dans notre pays ».
Consulter l'ANI :
Consulter la loi portant modernisation du marché du travail :
Enfin alors que les organismes paritaires jouent un rôle essentiel dans la gestion de la formation professionnelle, les règles de représentativité sont en cours de modification.
Consulter la loi portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail
Sources de réflexion
De nombreux documents ont alimenté la réflexion sur la réforme en cours.
Du rapport Cahuc-Zylberberg à l’avis du Conseil d’orientation pour l’emploi en passant par les propositions de la Commission Attali, la chronique de la réforme annoncée est jalonnée d’une importante « littérature » à l’usage des acteurs de ce chantier.
En voici une liste avec pour chaque document, une brève présentation et dans la mesure du possible un lien vers sa source sur internet.
CAHUC Pierre, ZYLBERBERG André. - La formation professionnelle des adultes : un système à la dérive. – Paris : Centre d’Observation Economique de la CCIP, 2006. – 75 p.
De nombreux observateurs jugent que le système de formation professionnelle français est opaque, éclaté, complexe et trop peu transparent pour assurer efficacement l’adaptation de la main-d’œuvre et la promotion sociale. Les auteurs ne dérogent pas à cette opinion générale, mais leur étude ajoute que les réformes récentes de la formation professionnelle, pourtant largement consensuelles, ont accru son inefficacité et son inéquité. Ils soutiennent un système plus efficace et plus équitable grâce à de profondes réformes.
Conseil d’orientation pour l’emploi. - Document de synthèse relatif aux causes du chômage. – Paris : Conseil d’orientation pour l’emploi, janvier 2007. – 98 p.
Le document passe successivement en revue les « caractéristiques du chômage et de l'emploi en France », les conclusions de « la littérature économique sur les causes possibles du chômage » et les « débats au sein du Conseil et propositions d'actions ».
Cour des comptes. - Rapport sur les résultats et la gestion budgétaire de l’Etat pour l’année 2006. – Paris : Cours des comptes, 2007. – 261 p.
La Cour des comptes porte un regard critique sur l'évaluation, par le ministère en charge de l'Emploi et du Travail, des dépenses de l'État intéressant la formation professionnelle en 2006. « Le suivi des performances [...] est encore insuffisant », souligne un rapport sur l'exécution budgétaire 2006. La première mise en œuvre du budget sous sa forme LOLF (loi organique aux lois de finances) a également « fait apparaître des sous-dotations significatives en loi de finances initiale ». Résultat : le ministère a dû engager des dépassements budgétaires qui ont surtout concerné la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle.
Conseil d’orientation pour l’emploi. - Rapport d’étape sur la sécurisation et la dynamisation des parcours professionnels. – Paris : Conseil d’orientation pour l’emploi, mai 2007. – 207 p.
Ce rapport du COE propose un point d'étape et de réflexion sur le thème de la sécurisation des parcours professionnels, dans la lignée des perspectives sur la flexicurité. Après une première partie rappelant l'évolution du marché de l'emploi et des parcours professionnels, les auteurs se penchent plus précisément sur la notion de sécurisation des parcours professionnels. Enfin, dans une dernière partie est proposée une réflexion sur l'accompagnement des demandeurs d'emploi et des restructurations, avec une analyse critique du Service Public de l'Emploi et des dispositifs d'insertion professionnelle.
ARNOULT-BRILL Édith/Conseil économique et social. - La sécurisation des parcours professionnels. – Paris : Imprimerie nationale, 2007. – Collection des avis et rapports du Conseil économique et social. - 190 p.
Le Conseil économique et social s'est saisi de la problématique de la sécurisation des parcours professionnels en retenant une approche centrée sur la personne, et prenant en compte la globalité des situations professionnelles, inscrites dans une trajectoire de vie. Il propose des pistes pour bâtir un nouveau système visant à promouvoir des parcours professionnels maîtrisés et favorisant une nouvelle relation de confiance pour les salariés, les entreprises et le service public.
CARLE Jean-Claude, SEILLIER Bernard/Mission sénatoriale d’information. - Rapport d’information sur le fonctionnement des dispositifs de formation professionnelle. – Paris : Sénat, 2007. – Rapport n° 365. - 344 p.
Le rapport d’information préconise cinq axes de progression : sécuriser l’accès à l’emploi par la qualification, élargir l’accès à la formation par l’individualisation, optimiser l’appareil de formation par l’innovation et l’évaluation, rationaliser les financements par la négociation et construire la gouvernance par la territorialisation et la contractualisation.
L'idée centrale du rapport est de créer, à partir du DIF, un compte épargne formation permettant de transférer ce droit lors de la cessation du contrat de travail. Ce compte fonctionnerait à partir de l'épargne réalisée par son titulaire et d'un fonds régional abondé par les financeurs responsables des formations prescrites.
REMY Pierre Louis, SALZBERG Liliane/Inspection générale des affaires sociales. - Evaluation à mi-parcours du contrat de transition professionnelle. – Paris : Inspection générale des affaires sociales, 2007. – 302 p.
L'ordonnance du 13 avril 2006 a organisé, sur sept sites, l'expérimentation du contrat de transition professionnelle, dispositif d'aide aux transitions professionnelles pour les licenciés économiques d'entreprises de moins de mille salariés. Le ministre de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement a demandé, par lettre de mission du 19 février 2007, que l'IGAS en établisse un bilan à mi-parcours et prépare, en lien avec la DGEFP et la DARES le cadre de l'évaluation finale.
LAMBERT Alain . - Les relations entre l'Etat et les collectivités locales. – Paris : Premier ministre, 2007. - 42 p.
Le rapport note un « enchevêtrement de compétences et financements entre chaque niveau d’administration ». Avec pour conséquence une difficulté dans la prise et la mise en œuvre des décisions, une inflation de la dépense publique liée aux doublons et une difficulté d’identification des acteurs administratifs par le citoyen.
Ce rapport ne propose pas un « acte III » de la décentralisation mais vise à dégager un consensus sur le diagnostic et les pistes d'amélioration dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques. Pour la clarification des compétences, il préconise d'unifier et conforter les compétences respectives de chacun.
GRIVEL Nicolas, GEORGES Nathalie, MEDA Dominique/Inspection générale des affaires sociales/Centre d'études de l'emploi. - Les prestations et services d'accompagnement des demandeurs d'emploi en Europe. – Paris : Igas ; CEE, 2007. - 37 p.
Ce rapport apporte un éclairage sur le contenu des pratiques d'accompagnement des demandeurs d'emploi aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Suède. Ils font chacun l'objet d'un rapport spécifique. Un rapport de synthèse dégage par ailleurs les grandes lignes de convergence et de divergence entre les différents systèmes et leurs réformes récentes.
ATTALI Jacques/Présidence de la République. - Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française : 300 décisions pour changer la France. – Paris : La Documentation française, 2008. - 245 pages
Installée en août 2007, la Commission présidée par Jacques Attali avait pour objectif « d'examiner les conditions d'une libération de la croissance française ». Ce rapport présente les 316 décisions retenues par la Commission pour atteindre cet objectif.
(en particulier la DÉCISION 114 : _ Améliorer la formation et les parcours professionnels)
PROCACCI Catherine/Commission des affaires sociales. - Rapport sur le projet de loi relatif à la réforme du service public de l'emploi. – Paris : Sénat, 2008. – 134 p.
ANCIAUX Jean-Paul. - Les maisons de l’emploi : mission d’évaluation du dispositif. – Paris : Assemblée nationale, 2008. – 26 p.
Dans son rapport d'étape, le président de la Commission nationale de labellisation des maisons de l'emploi dresse un état des lieux détaillé des maisons de l'emploi et propose quelques pistes d'amélioration.
Extraits du Rapport public annuel 2008 de la Cour des comptes :
- L'évolution des structures et des services aux demandeurs d'emploi. – pp. 209-235
- La gestion des ressources humaines de l’ANPE. – pp. 501-519
Groupe AMNYOS Consultants. – Etude relative à la sécurisation des parcours professionnels – Paris : CNFPTLV, 2008.- 131 p.
A partir d'un recensement d'initiatives de terrain visant à sécuriser les parcours professionnels par la formation, portées par les acteurs publics, l'étude tente de répondre à la question : à quelles conditions la formation professionnelle peut-elle contribuer à mieux sécuriser les parcours.
BESSON Eric/Secrétariat d’état chargé de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques. - Flexicurité en Europe : Eléments d’analyse. - Paris : Premier ministre, février 2008. - 55 p.
Portant sur les pays pour lesquels le Premier ministre a souhaité un éclairage (Allemagne, Danemark, Espagne, Italie, Royaume-Uni, Suède), le rapport d’Eric Besson établit six fiches cartographiant la flexicurité : la législation sur les contrats à durée indéterminée, le travail intérimaire, les régimes de formation professionnelle continue, la législation sur les licenciements économiques, l’organisation des services publics de l’emploi, les régimes d’assurance chômage. Le rapport confirme que les pays d’Europe du Nord font office de référence en la matière et montre que la flexicurité présente des avantages pour les salariés.
DE SAINTIGNON Pierre, VILCHIEN Danielle, DOLE Philippe, GUEDJ Jérôme/IGAS. - Évaluation du service rendu par les organismes collecteurs agréés (OPCA, OPACIF & FAF) : Rapport de synthèse. - Paris : IGAS, mars 2008. - 110 p.
L'objectif de se rapport est de vérifier que les organismes collecteurs agréés constituent un appui efficace, à la portée des entreprises adhérentes et surtout des PME, et des personnes, salariées ou non, et d'apprécier le rôle ainsi joué par ces organismes en faveur du développement de la formation.
DAYAN Jean-Louis/Centre d’analyse stratégique. - Le régime français de formation professionnelle continue : enjeux, acquis, voies de reforme. - Paris : CAS, mars 2008. - 20 p.
Dans la continuité de la Note de Veille n° 62 parue en juin 2007 sur la réforme de la formation professionnelle continue, le département Travail, Emploi et Formation du Centre d’analyse stratégique a présenté le 4 mars 2008 au Conseil d’Orientation pour l’Emploi un document de réflexion soulignant les principaux enjeux du système et de sa réforme, dans le cadre du groupe de travail réunissant depuis janvier 2007 organisations syndicales et patronales et des représentants des principaux autres acteurs publics.
Groupe AMNYOS/Dubouchez-Berlioz Consultant. - Etude sur les contrats d'objectifs territoriaux et instruments assimilés dans le cadre de l'évaluation des politiques régionales. - Paris : CNFPTLV, Mars 2008. - 83 p.
L’étude met notamment en évidence un déplacement progressif de l’objet des contrats d’objectifs, un élargissement des champs thématiques couverts, une formalisation plus poussée des méthodes d’élaboration. L’analyse des limites de l’instrument contractuel au regard de ses objectifs initiaux interroge les modes d’articulation entre politiques des branches et politiques régionales. L’étude propose des pistes d’amélioration en fonction des scénarios de réforme envisagés dans le champ de la formation professionnelle.
Conseil d’orientation pour l’emploi. - Travaux du COE sur la formation professionnelle. - Paris : COE, avril 2008. - 43 p.
Le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) propose d'abord un état des lieux du système actuel dont il pointe les dysfonctionnements. Il présente ensuite son avis relatif à la saisine du 4 février 2008 sur la formation professionnelle dans lequel il soumet des pistes de réformes selon cinq axes (jeunes, salariés, demandeurs d’emploi, coordination des acteurs, offre de formation et évaluation).
http://www.coe.gouv.fr/download.php?file_url=IMG/pdf/Etat_des_lieux_et_avis_Formation_professionnelle.pdf
Bilan de l'ANI
Trois évaluations sur l'ANI (accord national interprofessionnel) du 5 décembre 2003 sur la formation tout au long de la vie professionnelle ont été présentées au Comité paritaire national pour la formation professionnelle en mai 2008. Ces évaluations portent sur les impacts de la réforme de 2003, sur la dynamique de négociation collective, l'évolution des pratiques des entreprises, des salariés et des organismes de formation et enfin sur le développement du recours à la formation. Elles ont respectivement été menées par les cabinets Barthélémy & Associés et Jean-Marie Luttringer du cabinet Circé, KPMG et Ambroise Bouteille & Associés.
L’ambition des Régions pour un service public régional de la formation professionnelle : Bilan et perspectives. – ARF/Mensia. – décembre 2008
Une étude réalisée par Mensia Conseil pour l'ARF, à l'occasion de son congrès de Caen des 4 et 5 décembre 2008, fait un bilan des politiques de formation professionnelle des Régions et décrit les perspectives qu'ouvre notamment le concept émergent de "service public de la formation tout au long de la vie".
http://www.arf.asso.fr/index.php/content/download/2908/39493/file/Rapport%20mensia%20.pdf